Pianiste de formation, Pierre Jacquot a appris la facture du piano au contact des facteurs et des accordeurs avant de l'enregistrer.
Il commence donc par l'instrument : table d'harmonie, couvercle, accord, bruits de mécanique, place dans la pièce, avec Philippe Bestion au clavier.
Viennent ensuite une dizaine de dispositifs placés sur le même Steinway, couvercle retiré, du couple ORTF au système Decca, puis leur transposition sur un piano droit.
Chaque prise est réécoutée en régie sur la SSL 4000 du studio, avec un parti pris assumé : choisir une perspective plutôt que de chercher à tout concilier.
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Vidéo 2
La facture du piano
Table d'harmonie en épicéa d'une extrême finesse, cadre en fonte qui encaisse 17 à 21 tonnes de tension : un piano de concert est un compromis mécanique presque impossible. Pierre Jacquot en tire la première décision de prise de son, valoriser l'attaque des marteaux ou la tenue des cordes, sans chercher à concilier les deux.
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Vidéo 3
Le rôle du couvercle
Le couvercle renvoie vers le public le rayonnement vertical de la table d'harmonie ; entre table et couvercle, cette réflexion devient une onde de retour qui brouille les micros. Pourquoi Pierre Jacquot le retire souvent, ce qu'on y perd en rendement et ce qu'on y gagne en clarté.
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Vidéo 4
Grave à gauche, aigu à droite ?
La table d'harmonie mélange les registres : les graves résonnent avec les aigus, et inversement. Une mise au point utile face aux banques de piano samplées, qui exagèrent souvent la séparation gauche-droite.
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Vidéo 5
Le piano, récepteur tonal
Démonstration de résonance sympathique : étouffoirs levés, Philippe Bestion chante une note face au piano et les cordes répondent seules. On comprend aussitôt pourquoi une batterie voisine finit dans les micros du piano.
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Vidéo 6
La rencontre avec le piano
Philippe Bestion raconte son coup de cœur pour le Steinway du studio et pour sa pédale una corda. On y parle du son « piano felt », de pianistes islandais qui jouent avec les bruits de mécanique, et du chemin parcouru depuis le pianoforte.
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Vidéo 7
Entretien et accord
Un piano bien accordé sonne plus fort : les battements entre les trois cordes d'une note créent des interférences constructives. Partition, tempérament, accords convergents ou dispersants, étouffoirs et feutres de marteaux : les réglages qui se jouent avant de sortir le premier micro.
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Vidéo 8
Les bruits du piano
Plus on s'approche, plus pédales, étouffoirs et mécanique s'entendent. Démonstrations au clavier, Glenn Gould et Keith Jarrett à l'appui : jusqu'où tolérer ces bruits qui participent aujourd'hui à l'authenticité du son.
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Vidéo 10
Couple ORTF : KM 84 et U 67
Deux couples ORTF superposés : petits diaphragmes KM 84 d'un côté, U 67 à lampe de l'autre, dont un exemplaire d'époque venu des studios Barclay. Le principe des 17 cm et des 110°, et ce que change la taille de la membrane.
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Vidéo 11
AKG C24 en couple coïncident
Le micro stéréo AKG C24, équivalent de deux C12, avec ses capsules croisées à 90° : cohérence de phase et excellente compatibilité mono. Le même extrait passe par un préampli transparent Millennia HV-3C, puis par le très coloré D.W. Fearn VT-2.
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Vidéo 12
Couple AB en U 67 omni
Les U 67 passent en omnidirectionnel et s'écartent d'au moins 34 cm. Aucun effet de proximité, des graves naturels et un timbre ouvert, au prix d'une image stéréo moins compatible mono.
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Vidéo 13
Rubans Royer en AB
Des rubans actifs Royer en disposition AB : aigus légèrement adoucis, attaque toujours nerveuse, et une réjection latérale qui précise l'image. Une option souvent oubliée sur piano.
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Vidéo 14
AKG C414 en AB
Retour à des micros plus courants : une paire de C414 XLS, la version la plus neutre, en omni dans le même dispositif AB. De quoi mesurer ce que les micros d'exception apportent réellement.
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Vidéo 15
Couple ORTF en KM 184
Le couple ORTF repris avec des KM 184, successeurs plus accessibles des KM 84, placés un peu plus haut pour couvrir toute l'étendue du clavier. Une référence de qualité à prix étudié, à comparer avec la toute première prise.
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Vidéo 16
Le triptyque et le micro d'ouïe
Trois micros identiques alignés sur la ligne de force, ce tracé qui relie le milieu des cordes là où la fondamentale est la plus riche. Un quatrième, glissé dans l'ouïe et filtré, ne garde que le grave pour donner encore plus de corps au piano.
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Vidéo 17
La perspective pianiste
Micros au-dessus des marteaux, grave à gauche et aigu à droite : cette fois, on valorise le côté percussif du piano, tel que le pianiste l'entend. Un choix pertinent sur un instrument rond qui doit émerger d'un arrangement.
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Vidéo 18
Le système Decca
Couvercle remis en place, deux omnis, l'un au-dessus, l'autre en dessous : un dispositif historique pensé pour les répertoires classiques et romantiques, qui capte à la fois l'émission directe et la réflexion du couvercle.
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Vidéo 23
Écoute : ORTF KM 84 contre U 67
Les deux couples ORTF passent en alternance. Sur des micros aussi équilibrés, l'écart se resserre : neutralité côté petits diaphragmes, chaleur et grave plus consistant côté U 67.
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Vidéo 24
Écoute : C24, préampli neutre ou coloré
Le C24 sur Millennia HV-3C, puis sur D.W. Fearn VT-2 : d'un côté la fidélité, de l'autre un grave plus velouté et plus épais. En classique, on préserve la « chaîne du froid » ; en jazz, on peut s'autoriser la couleur.
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Vidéo 25
Écoute : U 67, Royer et C414 en AB
Trois couples AB sur le même extrait : grave solide des U 67, géographie plus marquée des rubans, honnêteté des C414. Les trois prises révèlent aussi des bruits d'impact dans le grave, et une première parade : le coupe-bas automatisé.
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Vidéo 26
Écoute : ORTF en KM 184
Un peu moins de sensibilité que les micros haut de gamme, mais un résultat équilibré. Les bruits d'impact restent nettement audibles : en séance commerciale, mieux vaut les réduire à la source pour élargir le choix de micros.
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Vidéo 27
Traiter les bruits d'impact
Automatiser le coupe-bas fonctionne, mais reste « le sparadrap sur la blessure ». Pierre Jacquot remonte à la source : pédale qui frappe la lyre, étouffoirs bruyants, et ce qu'on demande alors à l'accordeur ou au facteur.
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Vidéo 28
Écoute : le triptyque et le micro d'ouïe
Le KM 184 placé dans l'ouïe est d'abord écouté seul, brut, puis égalisé pour aller chercher l'extrême grave, avant d'être dosé discrètement sous le triptyque. Le piano prend une taille perçue démesurée, sans aucune correction sur les micros principaux.
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Vidéo 29
L'égaliseur SSL série G
Cette correction tient à l'EQ série G de la console : ses bandes médium disposent d'un diviseur de fréquence qui les fait descendre jusqu'à l'infra-grave. Une correction additive très musicale pour aller chercher de la matière.
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Vidéo 30
Écoute : la perspective pianiste
Malgré des micros côté marteaux, le piano garde sa tenue et son équilibre. L'image gauche-droite devient franche et l'émergence augmente : la prise que préfèrent souvent les pianistes, et les arrangements de variété.
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Vidéo 31
Écoute : le système Decca
Un dispositif que Pierre Jacquot n'utilise jamais, trop daté à son goût… et qui fonctionne pourtant très bien ici. La preuve qu'un instrument très équilibré, dans une pièce mate, supporte presque toutes les approches.
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Vidéo 32
Écoute : le piano droit
Après le Steinway, la douche froide : aucun micro ne rétablit le grave absent d'un piano d'étude. Côté table d'harmonie, les TLM 170 en omni donnent un son plus équilibré, et une correction additive large ajoute « 30 cm de hauteur » au piano.