Pierre Jacquot ouvre les portes d'une session de plusieurs jours : un big band d'environ 35 musiciens, puis une séance de cordes, dans un studio aux multiples cabines.
La caméra suit tout le processus, du plan modélisé en 3D au placement de chaque micro. Son parti pris : un arbre Decca placé à l'endroit du chef soude l'orchestre, et les appoints ne viennent qu'en complément, alignés temporellement sur lui.
Pupitre après pupitre, il justifie chaque choix de directivité, de préampli et d'impédance, et montre comment faire du musicien un complice de la prise de son.
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Les éléments de préparation
Avant le moindre micro, Pierre Jacquot pose les bases : planning, modélisation 3D du studio, input list et place du chef au milieu des musiciens. Il explique pourquoi il faut isoler les sources pour garder la main au mixage tout en préservant une unité de lieu, et pourquoi, une fois l'orchestre arrivé, on n'a plus droit à l'essai.
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Préparation et mise en place
L'assistant de Pierre Jacquot raconte le repérage : état des lieux du studio, micros partis en maintenance, plan au sol relevé au télémètre laser et modélisé sous SketchUp. Il détaille aussi les stage boxes redondantes, l'extension du réseau casque avec des mixettes P16 supplémentaires et la trousse d'adaptateurs qui sauve une session.
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Setup et disposition
Dans la grande pièce, Pierre Jacquot construit le cœur du big band autour du chef et explique ce qu'il isole : la batterie en cabine fermée mais vitrée, la contrebasse pour protéger son faible rendement, l'ampli guitare pour qu'il ne déborde pas dans tous les micros. Un simple clap suffit à justifier la répartition entre micros d'ensemble et micros de pupitre.
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L'arbre Decca
Le cœur du système : un arbre Decca à l'aplomb du chef, avec deux Neumann M 50, un M 49 au centre et des M 149 en outriggers. Pierre Jacquot explique pourquoi ce dispositif couvre une source de huit à dix mètres de large et apporte une profondeur qu'un couple ORTF ou un grand AB ne donnent pas.
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Les saxophones
Pupitre le plus doux de l'orchestre, les saxophones reçoivent cinq Neumann TLM 170 identiques. Pierre Jacquot part de l'omnidirectionnel pour obtenir le grave le plus naturel, et ne resserre la directivité que si les cuivres débordent trop dans les micros.
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Les trombones
Sur les trombones, des rubans actifs Royer R-122 MKII adoucissent l'aigu des pavillons. Pierre Jacquot montre comment la figure en huit, souvent vue comme une contrainte, devient un atout dans un pupitre grâce à sa forte réjection latérale.
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Les trompettes
Même logique pour les trompettes, avec une génération de rubans plus ancienne : trois AEA R44 récents et un RCA 44 vintage. Un booster alimenté par le 48 V ajoute 20 dB tout en protégeant le ruban, et un préampli Focusrite à impédance réglable termine l'adaptation.
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La batterie
Overheads en vrai couple de U 67 pour restituer ce que le batteur entend de son kit, grosse caisse captée par trois micros alignés en phase, dessus-dessous de caisse claire, Schoeps M 221 F sur le charley et C414 sur les toms. Pierre Jacquot revient aussi sur la distance critique, qui sépare les vrais overheads des micros de room.
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La contrebasse
Instrument à faible rendement joué en pizzicato, la contrebasse demande deux micros appairés : un M 149 cardioïde sur la table, l'autre à mi-longueur des cordes. Pierre Jacquot explique comment l'effet de proximité devient un allié et pourquoi le placement se règle avec le musicien.
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Percussions — partie 1
Pierre Jacquot prend la place du percussionniste pour expliquer son placement de KM 84 : près des peaux pour entendre frottements et attaques, plus loin des timbales qui ont besoin de la pièce, et un couple pour l'ambiance. Il présente aussi les mixettes casque individuelles et la pédagogie qu'elles demandent.
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Percussions — partie 2
Nouveau percussionniste, nouvelle disposition : Pierre Jacquot opte pour une prise plus ambiante et montre comment une consigne simple sur les nuances fortes lui redonne de la marge. Il évoque aussi l'idée de viser les vitres pour fabriquer de l'espace dans une cabine très mate.
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Le piano Rhodes
Anatomie d'un Fender Rhodes 73 touches : tiges, résonateurs, micros magnétiques. Pierre Jacquot montre comment la position de la tige face au pick-up fait passer le son du plus gras au plus brillant, et pourquoi l'égalité entre les notes compte avant d'enregistrer.
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Installation des cordes
L'équipe installe la séance de cordes : chaises disposées en arc à environ 3,60 m des micros de l'arbre, câblage réduit au minimum grâce aux rappels de stage box, et une règle simple pour que les pieds chargés de micros précieux ne basculent jamais.
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La prise de son des cordes
L'arbre Decca redevient le système principal, et les appoints (Schoeps M 221 sur les violons, KM 84 sur les altos, U 67 sur les graves) sont recalés en temps sur lui, au clap ou au télémètre. Pierre Jacquot détaille ses directivités, la chasse au bruit de fond quand on ouvre les gains, et la vigilance sur les musiciens qui bougent leur chaise.
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Les préamplis — partie 1
Quel micro, sur quel préampli, pour quel résultat ? Pierre Jacquot explique sa logique : une série homogène de Neve 1073 OPX pour l'arbre et les appoints, pilotable à distance, et un Focusrite ISA 828 MKII pour adapter l'impédance des rubans, avec une analogie de plomberie pour comprendre l'impédance.
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Les préamplis — partie 2
Tour du rack du studio avec l'équipe : Siemens V276 sur la batterie, Neve série 30 et leurs shelving très doux sur les overheads, 1081 sur l'ampli guitare, 1073 sur les voix, Telefunken V672 sur les percussions. Le fil rouge : un préampli doit compléter son micro, pas en cumuler les excès.
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Les micros
Les micros clés de la session passés en revue : couple d'air DPA 4003 en petit AB, sphère de diffraction du M 50, M 49 V face à son ancêtre, Schoeps M 221 F, un U 67 démonté devant la caméra, et l'écart entre KM 84 et KM 184. L'histoire de chaque micro sert à comprendre ce qui fait son son.