Patrick Thévenot a construit cette méthode pendant plus de vingt ans au laboratoire d'acoustique de l'INA, en s'appuyant sur les travaux de Guy Laporte (CNSM, Radio France) et de l'acousticien Jacques Jouhaneau (CNAM).
Son point de départ : deux ingénieurs du son qui entendent la même chose ne la décrivent presque jamais avec les mêmes mots.
Sa réponse tient en cinq familles de critères notées sur des échelles fixes — construction, équilibre, définition, stabilité, réverbération — pour séparer enfin le constat « c'est comme ça » du jugement « j'aime ou j'aime pas ».
Là où l'oreille professionnelle se forge d'ordinaire en plusieurs années de studio, la quantification systématique permet d'en poser les bases en quelques jours.
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Vidéo 1
Introduction
Chaque auditeur arrive avec une oreille formatée par sa pratique : mélomane, chef d'orchestre, mixeur cinéma ou musicien d'orchestre. Patrick Thévenot pose le principe du module : « greffer » l'écoute dont a besoin l'ingénieur du son.
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Vidéo 2
Écoute préalable
En stage, tout commence par plusieurs versions d'un quintette de Mozart. « Son plat », « agressif », « aéré » : on découvre vite que chacun décrit la même sensation avec d'autres mots, d'où le besoin d'un langage commun.
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Vidéo 3
Objectif de la méthode
D'où vient la méthode : plus de vingt ans d'expérimentations à l'INA, les apports de Guy Laporte et Jacques Jouhaneau, la validation d'un neurologue. L'enjeu : dissocier le constat du goût, et réduire à quelques jours un apprentissage qui prend habituellement des années.
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Vidéo 4
Définition des critères
Les cinq familles — construction, équilibre, définition, stabilité, réverbération — puis les trois sous-critères de construction. Au passage, un rappel utile : « stéréo » vient du grec et désigne le relief avant le gauche-droite.
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Vidéo 5
La largeur
Guitare et bongos en chambre sourde, quatuor à cordes, trio jazz dont le piano reste collé à l'enceinte gauche : on apprend à chiffrer les bornes de l'image de −10 à +10. Le triangle d'écoute à 60°, les fonctions HRTF et l'incompatibilité entre sources réelles et virtuelles y sont expliqués en détail.
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Vidéo 6
La profondeur
Où se trouve la source la plus lointaine, indépendamment de la taille de la salle ? D'un titre pop entièrement au premier plan à l'orgue d'un choral de Bach noté 10, en passant par des polyphonies corses et le premier enregistrement stéréo de La Flûte enchantée (Vienne, 1955).
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Vidéo 7
Le relief
L'écart entre le plan le plus proche et le plus lointain. Des nappes de synthé de Liberian Girl au kick de Michael Jackson, de motos enregistrées en pleine campagne à une symphonie de Haydn, avec un piège sur la confusion entre niveau et distance.
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Vidéo 8
Équilibre spectral
Grave, médium et aigu notés de −5 à +5, le médium servant de pivot. Un banjo mixé de deux façons opposées, une polka de Strauss, In the Mood, un violon et un piano étouffés : de quoi constater que notre culture d'écoute influence ce que l'on juge « équilibré ».
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Vidéo 9
Équilibre dynamique
Transitoires, nuances de jeu, variations de niveau moyen : trois dynamiques à ne pas confondre, d'un mix discothèque noté 1 aux coups de mousquet d'un galop de Strauss. Patrick Thévenot y développe son idée d'une écoute « en deux passes » et ce qu'une compression mal conduite retire à l'auditeur.
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Vidéo 10
La séparation en timbre
Peut-on isoler chaque source par son timbre ? D'une pièce radiophonique notée 10 à un piano étouffé noté 0, en passant par une chorale et un concerto de Vivaldi où l'on pourrait presque compter les violoncelles. Avec une image clé : chaque critère est un projecteur qui éclaire le même objet sous un autre angle.
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Vidéo 11
La transparence
Y a-t-il un voile entre vous et la scène ? Deep Purple en live au Japon, un trio jazz en chambre sourde puis en studio radio, un clavecin aux timbres parfaits mais impossible à visualiser. La transparence devient surtout un outil pour guider l'attention, exemples de mixage cinéma à l'appui.
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Vidéo 12
Stabilité
Image globale qui tangue comme une barque, ou sujet qui fuit comme une savonnette sous la douche : deux instabilités distinctes. Une fanfare enregistrée en marchant en Haïti, une soliste dans une église suédoise, Louis Armstrong qui se tourne vers l'orchestre.
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Vidéo 13
La réverbération
Quantité, type et homogénéité, expliqués au tableau à partir du champ direct, du champ réverbéré et de la distance critique — et de ce qu'elle implique pour placer ses micros. D'un orchestre enregistré en chambre sourde à la réverbération interminable de l'abbaye du Thoronet.
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Vidéo 14
Critères de réverbération
Six extraits passés au crible : des percussions au Cirque d'Hiver dont le kick trahit une réverb artificielle, un tango aux réverbérations volontairement disparates, le mixage de Bruce Swedien sur Dirty Diana, et un enregistrement baroque où la soliste semble jouer loin de son orchestre.
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Vidéo 15
Niveau 2
On enlève les petites roues du vélo : place aux critères avancés, ceux qui servent au quotidien. Premier ajout, la linéarité en largeur, notée de 0 à 5 sans décimale pour obliger à trancher.
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Vidéo 16
Critères de construction niveau 2
Premier et dernier plan évalués d'un seul geste, et linéarité en relief : y a-t-il des trous entre les plans sonores ? Une linéarité faible n'est pas un défaut, elle produit simplement une autre image.
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Vidéo 17
Critères d'équilibre spectral niveau 2
Les trois bandes deviennent sept zones perceptives, de la sensation physique (20-50 Hz) à l'aération (10-20 kHz), chacune avec son repère en fréquence. Surtout, la distinction entre équilibre physique perçu et équilibre culturel, celui du client brésilien, nordique ou baroque.
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Vidéo 18
Critères de définition en transparence niveau 2
La transparence ne se note plus en moyenne mais en minimum et maximum, pour mesurer le contraste qui oriente l'auditeur. Patrick Thévenot montre ensuite comment adapter les critères à sa propre pratique, durée de réverbération ou notation en décibels comprises.
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Vidéo 19
Mise en application
La feuille de critères complète, remplie pour deux extraits de référence : La Flûte enchantée de 1955 et Liberian Girl de Michael Jackson. De quoi évaluer rapidement un système d'écoute inconnu, en studio comme en sonorisation.
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Vidéo 20
Conclusion
Les quatre phases de l'apprentissage, de l'incompétence inconsciente à la compétence inconsciente, et pourquoi il ne faut pas abandonner la quantification trop tôt. Avec l'image du GPS : une feuille de critères pour savoir où l'on est, une autre pour savoir où l'on va.